conté-reggae

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Affiche du spectacle conté-reggae de la Compagnie Nathalie Thomas

 

 

CONTE – REGGAE

De et par Nathalie THOMAS

avec Chris Dubier (guitare) et Roukin’s (percussions)

Nous connaissons tous l’histoire du petit poucet ou du petit chaperon rouge…, un peu comme le chemin pour nous rendre chez grand-mère ou à la boulangerie. Sur le chemin, la conteuse pointe les détails que l’on ne remarque pas et qui guident la marche. Elle avance, revient sur ses pas, elle souligne, fait disparaître, rythmé par le reggae. Tout en énergie, elle nous plonge dans le merveilleux des contes et fait jaillir tout un monde d’imaginaire dans une réalité contemporaine.

 

Note d’intention « Conté-reggae » Cie Nathalie Thomas, artiste conteuse associée au Centre des Arts du Récit

 

Les contes sont une source inépuisable de mouvements, transformations…la musique incarne cette fluidité. Les compositions reggae de Chris Dubier et Roukin’s portent la parole de l’artiste et ouvrent les spectateurs aux sensations simples et joyeuses de ces deux arts populaires et cosmopolites.

 

Dans la simplicité apparente des contes se cache tout un monde d’imaginaire : celui des spectateurs, des personnages. Des personnages avec une psychologie plus complexe qu’il n’y parait. Le temps d’un spectacle, l’artiste plonge dans ce monde pour y tisser, mêler, assembler et débrider tous ces imaginaires. Il convoque des possibles face aux impensables. Une mère peut elle désirer la mort de sa fille parce qu’elle est plus belle qu’elle? Et ce petit bonhomme de pain ? A la fin du spectacle, personne ne peut dire s’il est vivant ou s’il incarne ce que chacun désire le plus : l’argent, donner la vie ou la fierté d’être père. Le merveilleux s’élève du réel, il est l’oxygène des faits mais n’est jamais utilisé pour dépasser l’invraisemblable.

Ancrer les contes dans une réalité contemporaine vient aussi rappeler le pouvoir d’adaptation extraordinaire de cette littérature orale, qui accompagne la vie quotidienne des humains depuis la nuit des temps.

L’absence de chronologie de la narration de ce spectacle met en évidence ce que tous les contes ont en commun : des lieux comme le chemin, la forêt.

La forêt est un lieu sombre, inconnu, où l’on se perd facilement. Elle est une métaphore de ces milieux que nous connaissons mal, où nous manquons de repères, où nous ne rencontrons pas toujours les bonnes personnes. Dans ce spectacle le petit poucet et ses frères se perdent dans la ville : aujourd’hui, les jeunes étudient et deviennent adultes en ville, « leur » forêt, c’est parfois la ville

Chaque conte témoigne d’un exil, une quête, une métamorphose. C’est un mouvement vers l’inconnu qui nous effraie et nous attire à la fois (une ville, un loup, une femme…) et nous conduit à de drôles de détours parfois.

La musique incarne et accompagne ce mouvement, elle est l’énergie indispensable au jeu et au devenir des imaginaires que la parole propose. Le tissage de la parole et des mélodies, proches du slam, invite le spectateur à se laisser bercer et de ce mouvement naturel à devenir acteur de ce moment.